LIVRE TROISIÈME
LA CRITIQUE EXÉGÉTIQUE llODEfti>îE N*INFIRME PAS NOS COMCLUSIOKS GÉNÉRALES.
Nous pourrions nous arrêter ici, notre tâche étant accomplie. Nous avons rétabli, autant qu'il a été en nous de le faire, l'esprit véritable de l'Église, l'esprit de liberté. Nous avons montré cet esprit de liberté dans l'institution même de l'Église, qui séparait l'ordre spirituel de l'ordre temporel, et par là affranchissait la conscience humaine. Nous avons montré en outre que, dans la doctrine de l'Eglise aucun principe, et dans sa constitution essentielle aucun élément n'étaient en contradiction avec les principes d'indépendance individuelle, de souveraiijefcé collective, qui sont les fondements du droit social moderne. Nous avons rappelé avec l'histoire qu'en fait l'Église a été un puissant instrument de progrès social. Enfin nous avons exprimé le vcBu que l'Église, entraînée depuis trois
siècles dans une voie funeste de centralisation, d'absolutisme gouvernemental et de pratiques énervantes, rentrât dans lesprit libéral de son institution.
Cet appel sera-t-il entendu? Comment l'espérer, du moins dans un avenir prochain, lorsque, chaque jour, des faits nouveaux accusent de plus en plus l'hostilité systématique de la cour romaine et de lepiscopat contre les libertés modernes ? Jamais peut-être un essai de conciliation n'a été fait dans des conditions plus défavorables. Etait-ce une raison pour y renoncer! Ne fallait-il pas qu'au dessus de cette lutte fratricide, entre deux forces, toutes deux filles du Christ, une protestation s'élevât? Lesyoix les plus autorisées gardant le silence, de plus modestes ont dû se faire entendre. Affirmer la liberté ; l'affirmer dans les sociétés laïques ; l'affirmer dans l'Eglise ; l'affirmer au nom du christianisme comme au nom de la raison ; déclarer que, dans la liberté, doit s'opérer la réconciliation de l'Eglise et de la Révolutioi), et que la paix du monde est à ce prix; tel est lobjet que nous nous sommes proposé en prenant la plume. La gravité des circonstances ainsi que nos convictions nous en faisaient un devoir. Il faut voir, dans ces pages si imparfaites, moins une exposition développée de l'œuvre religieuse et sociale chrétienne, que l'expression de l'esprit général qui l'anime, l'esprit de liberté.
L'ÉGLISE bEVAÎ^T LÈXËGÈSE. 867