‹ La révolution et l'église (volume 2)Chapitre 21 sur 131 · ESPRIT LIBÉRAL DE LÊGLISE · texte numérisé non relu

ESPRIT LIBÉRAL DE LÊGLISE

table logomachie et on tomberait dans le ridicule, si Ion disait qu'en formulant un axiome devant quelqu'un, ou en lui montrant un objet évident, on viole sa liberté^ on porte atteinte à son indépendance. Pourquoi? C'est qu'ici la question de de liberté est une question oiseuse.

Or, qu'y a-t-il de changé, lorsque celui qui propose une vérité ou un fait à ma croyance, au lieu de montrer directement cette vérité ou ce fait, invoque son propre témoignage, en d'autres termes si mon adhésion est déterminée non par la vue directe de l'objet, mais par ma confiance en celui qui me parle? Si j'ai ou crois avoir des motifs suffisants pour être convaincu que celui qui m'affirme une chose ne veut pas me tromper, et ne peut pas me tromper , en donnant mon adhésion, je suis, pour ce qui est de ma liberté, dans la même position que lorsque j'adhère à une vérité directement démontrée. Vous pourrez trouver, si mes motifs d'adhésion ne produisent pas le même effet sur votre esprit, que je me laisse persuader trop facilement, qu'en cherchant mes moyens d'investigation et mes motifs de certitude ailleurs que dans l'évidence scientifique, j'agis en esprit faible et très indigne des progrès accomplis par la philosophie rationaliste ; vous pourrez sourire de ma crédulité trop naïve ; mais à coup sûr vous ne pourrez pas dire qu'on a porté atteinte à ma liberté. Ici encore la liberté n'a que faire, tant qu'aucune

ISI LA RÉYOLUTION ET L'ÉGLI^.

contrainte matérielle na accompagné la parole.

Donc, parce que TEglise prétend posséder des titres qui sont pour un grand nombre des raisons suffisantes de croire à ses affirmations, il n'y a pas là une atteinte à la liberté des esprits. Les esprits croient ou ne croient pas à la légitimité de ses titres ; ceux qui y croient adhèrent volontairement au symbole qu elle propose ; et tous ceux qui ont ainsi donné volontairement leur adhésion et sont par là devenus librement membres de l'Église, avec la même liberté d'en sortir s'ils cessent d'être convaincus, forment ensemble une société spirituelle dans le sens propre du mot. La question de l'infaillibilité, que s'attribue ou non l'Église, n'y change absolument rien .

§ 3. — Même sujet, posHion identique des OAtholiques, des chrétiens dissidents et des déistes.

Bien que cela nous paraisse de toute évidence, nous voulons rendre la chose plus sensible encore, en montrant que si le reproche était fondé, il faudrait également l'appliquer à tous les chrétiens, en dehors de l'Église catholique. Quand nous disons chrétiens, nous désignons quiconque croit à la divinité de Jésus-Christ, qu'il appartienne ou non à une Église; nous comprendrons même, si Ton veut, sous cette

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