CHAPITRE II
LE PEINCIPE CHEÉTIEN : TOUT PCUVOIE VIENT ' DE DIEU.
Le christianisme, est-il besoin de le faire remarquer, est essentiellement contraire à tout système politique ou social qui suppose tout lien rompu entre Dieu et l'humanité. A ses yeux, poser ailleurs qu'en Dieu une autorité humaine quelconque, c'est la poser dans le vide. Aussi, toute sa doctrine, sur ce point, se résume-t-elle en cette maxime : Tout pouvoir vient de Dieu.
C'est ici qu'il importe de préciser le sens de ce principe qu'on a si souvent dénaturé, au point d'en faire, tantôt un argument en faveur
des prétentions théocratiques de la cour romaine, tantôt la source d'où découlerait le système de la royauté de droit divin.
L'interprétation des théocrates catholiques et celle des défenseurs de la royauté de droit divin supposent que, par ce principe : tout pouvoir vient de Dieu, les docteurs chrétiens ont entendu établir un rapport de filiation entre la souveraineté temporelle et la religion. A ce point de vue, tout pouvoir humain, pour être légitime, doit s'exercer au nom de Dieu; et pour s'exercer au nom de Dieu, il doit recevoir la consécration de la religion. On voit, dans ce système, ce que peuvent devenir la légitimité et l'autorité morale d'un pouvoir qui, non seulement se dispense de toute consécration religieuse, mais dont le rôle est de ne professer aucune religion.
§ 1er. — Ce prineipe e»% un prÎBoSpe antlthéooratîqiie
Or, pour être dans le vrai, il faut prendre le contre-pied de cette doctrine. C'est une erreur absolue de croire que, d'après la théorie chrétienne, le pouvoir politique découle le moins du monde de la religion. En posant le principe que tout pouvoir vient de Dieu, ce que le christianisme a voulu enseigner, c'est un principe antithéocratique .
Il faut se souvenir dans quelles circonstances