‹ La révolution et l'église (volume 2)Chapitre 86 sur 131 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

CABACTBKB DE C^ DÈBXt EKTBE l'ÉGLISE

BT LES SAVANTS.

Comme les questions politiques, les questions scientifiques sont hors du domaine de TÉglise. Si 1 on s était souvenu des règles fort simples de sa compétence et des conditions strictes de son autorité spirituelle, on n aurait pas rempli ce sujet, comme on la fait, de confusions et de malentendus.

Assurément, chaque chrétien sait que les vérités, soit spéculatives, soit pratiques, qui constituent la doctrine chrétienne, se bornent à celles qui ont été enseignées directement par Jésus- Christ. Il sait de plus que la société universelle

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§ 2. — Les textes scientifiques des livres saints oréent-Us une oompétenpe pour l'Eglise?

Mais, quand il se trouve que ces questions ont été traitées de près ou de loin par les livres saints, cette circonstance crée-t*elle une compétence indirecte pour TEglise, en ce sens que rÉglise soit chargée de préciser ces points scientifiques dans le texte sacré, et par suite de déclarer erronées les doctrines scientifiques contraires?

Il faut convenir qu'un préjugé, fort ancien parmi les catholiques, les dispose généralement à attribuer cette sorte de compétence indirecte à rÉglise. Bien que dépourvue de toute mission directe en ces matières, elle n'en aurait pas moins le droit de condamner une affirmation .scientifique quelconque, comme contraire à la Bible.

C'est sur cette sorte de compétence que porte toute la difficulté eatre les savants et les catholiques ; c est à ce point de vue que s est présentée en particulier la question concernant Galilée.

Il importe de rétablir les règles sûres de la compétence religieuse, à la place de vagues et chimériques prétentions.

A quel titre et dans quel sens l'Église pourrait-elle intervenir au sujet des affirmations scientifiques de la Bible? Est-ce au même titre que l'auteur du livre sacré? Est-ce pour oonti-

INCOMPÉTBNCB SCIENTIFIQU? DB L'ÉGLISE. 141

uuer son oeuvre perv>onneilo? Nous ne pourrons répondre à ces questions qu'après nous être préalablement entendus sur ce que valent les assertions bibliques en elles-mêmes et dans l'intention de l'auteur des livres saints.

§ 9. — Caractère de« dcmnécs foîentîfiquei de la Bible.

Il y a deux côtés dans le récit de Moïse : le côté historique et le côté scientifique. Cest d'abord une histoire comme toute autre, où des erreurs de faits et d^ dates peuvent s'être glis* sées. Bien qu'on admette qu'une inspiration générale a soutenu l'auteur et l'a préservé de toute erreur sur les grandes vérités religieuses et morales, qu'il rappelait à son peuple et en même temps à tous les peuples ; bien qu'on reconnaisse, en outre, même dans le récit purement humain, tous les signes de la véracité historique, il ne faut pas oublier que l'auteur puisait ses informations, quant aux faits purement historiques, dans la tradition vivante du peuple juif. Si son caractère personnel, et le respect proverbial du peuple de Dieu pour ses traditions nationales, doivent nous donner une légitime confiance dans rauihenticité des principaux traits de ce récit, les détails qu'il contient sont néanmoins dans les mêmes conditions que les détails contenus dans toute œuvre historique, et soumis" au contrôle perpétuel des nouvelles et plus actives informations.

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