‹ La Révolution et la Doctrine de l'UtilitéChapitre 13 sur 239 · XIV . INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XIV . INTRODUCTION

monde entier constituât un seul marché économique, pour que, la division des travaux devenant conforme à la diversité de toutes les aptitudes individuelles, raciales et climatériques, l'unité morale du genre humain se trouvât réalisée sous la poussée des égoismes. Selon la première interprétation, l'identification des intérêts est progressive; selon la seconde, elle est immédiate; mais, dans l’une et dans l’autre, l’opération du principe de l'identification des intérêts est aussi naturelle, aussi nécessaire que celle du principe newtonien de l’attraction universelle. |

Mais voici que le principe de l'identification spontanée des intérêts rencontre une objection grave, empruntée aux écrits de ceux mêmes qui l’adoptent. Admettons que, lorsque deux producteurs échangent l’un contre l’autre les produits de leur travail respectif, le mécanisme de l'échange favorise, dans la même mesure, les intérêts de l’un et de l’autre; en est-il de même lorsqu'on considère les individus que la constitution actuelle place dans les situations de propriétaire foncier, de capitaliste, de travailleur salarié? La part que chacun d’eux prélève sur le prix total du produit se règle-t-elle sur les intérêts de chacun ? Il ne serait pas difficile de montrer, en se fondant sur des textes d'Adam Smith, qu’il se doit nécessairement produire, en ce cas, non pas une identification, mais une divergence des intérêts économiques propres aux diverses classes. Sans doute, vers la fin du xvi siècle, les industriels sont d'accord avec les commerçants pour

Page 1