‹ La Révolution et la Doctrine de l'UtilitéChapitre 14 sur 239 · INTRODUCTION. : XV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. : XV

réclamer un régime de libéralisme économique et de non-intervention gouvernementale; mais le libéralisme industriel ne repose pas sur le même fondement que le libéralisme commercial. Le mécanisme de léchange et la division du travail assurent l'identité des intérêts individuels ; toute intervention des gouvernements ne peut que troubler le mécanisme de l'échange, ralentir la division du travail, compromettre cette identité d'intérêts, naturelle et nécessaire : ainsi se trouve fondé le libéralisme commercial. — Or c’est par des arguments tout différents que pourrait se justifier le libéralisme industriel. Peut-être les intérêts ne tendent-ils pas, par la nature des choses, à s'identifier ; peut-être la nature est-elle en partie injuste et mauvaise. Mais ce n’est pas à dire qu'il faille essayer d'identifier, par des artifices législatifs, les intérêts naturellement divergents ; car la raison du législateur aggrave les maux qu’elle veut guérir: est-ce que la législation du xvin* siècle ne persiste pas à emprisonner une industrie renouvelée par des inventions mécaniques sans nombre, dans des cadres surannés, qui datent de deux siècles et plus ? Ainsi interprété, le libéralisme économique pourrait être considéré moins comme un optimisme que comme un pessimisme fataliste, moins comme un acte de foi dans la raison universelle que comme une profession de scepticisme, d’incrédulité en la raison humaine. Voyez Hume et sa philosophie de lesprit. Dans son Traité de la Nature Humaine, dans son Enquête sur l’Entendement

Humain, que se propose-t-il au juste? De fonder une

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