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L’ € HISTOIRE DE L'INDE BRITANNIQUE

Government, vite devenu classique, il va énoncer, à côté de Bentham, les principes fondamentaux de la doctrine en matière constitutionnelle.

En 1807, paraît l’ « Histoire de l'Inde Britannique », commencée en 1806, le grand ouvrage de James Mill, celui qui fonde sa réputation; et l« Histoire » peut être considérée, elle-même, en un certain sens, comme un instrument de propagande benthamique. Dans l’analyse des institutions de l’Hindoustan, James Mill ne sépare jamais le jugement critique de l'exposition historique, et c’est en les confrontant avec les principes de Bentham qu'il apprécie la valeur des institutions, suggère les réformes possibles. « Pendant de longues années, dira Bentham, un grand objet de son ambition a été de fournir à l’Inde britannique, à la place de l’abominable système existant, un bon système de procédure judiciaire, avec une organisation judiciaire capable d'en assurer l’administration ; et pour la composition de ce système, c’est sur moi qu'il a constamment compté, et qu'il continue à compter. » Et 11 dira encore, orgueilleux de l’œuvre accomplie, sous son inspiration, par son disciple : « Après ma mort, Je serai le pouvoir fégislatif, Mill, le pouvoir exécutif vivant de l’Inde britannique”. » Car Mill est à présent célèbre : des projets littéraires qu'il forme vers cette époque — écrire une histoire du Droit anglais, un système complet de jurisprudence —., 1l n’aura pas même le loisir de les entreprendre. Par les efforts de ses amis, et entre tous de Ricardo, il entre dans les bureaux de

la Compagnie des [ndes®”. Faut-il féliciter la puissante Compagnie d’avoir été magnanime en pardonnant à un critique acerbe ? ou se placer à un point de vue différent, et la féliciter d’avoir été habile, en fermant la bouche d’un adversaire dangereux ? Hazlitt remarquera, quelques années plus tard, avec ironie, que l'organe des utilitaires, la « Revue de Westminster», ne ménage presque aucune des institutions existantes, excepté la Compagnie des Indes.

En 1813, se passe un événement considérable dans la vie de Bentham. Voilà deux ans qu’une Commission parlementaire de vingt et un membres (« sauf Abercromby, moi-même et Wilberforce, écrit Romilly à Bentham, pas un qui vous fût sympathique » ) a publié son « second rapport sur les lois relatives aux maisons pénitentiaires » %. La longue campagne philanthropique de Bentham va aboutir à l'érection, sur le bord de la Tamise, de la prison de Millbank, où plusieurs des idées de Bentham seront appliquées, mais non pas l’idée du contract management. Le rapport de la Commission reconnaît, d’ailleurs, que Bentham « a droit en toute justice à s’attendre non seulement que l'argent ainsi avancé soit restitué, mais qu’une rémunération libérale lui soit accordée pour prix de sa peine et de son désappointement final, à condition que Bentham tienne compte des bénéfices qu’il pourrait avoir retirés des terres». La question de l’indemnité est réglée entre deux arbitres, John Hullock désigné par le Trésor, John Whishaw5! désigné par

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