‹ La Révolution et la Doctrine de l'UtilitéChapitre 19 sur 239 · INTRODUCTION. XXI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XXI

tory, hostile à la faction de Wilkes, hostile à la cause américaine. Rien de conservateur comme sa théorie du droit de propriété, fondé par lui sur le principe de la sûreté, c’est-à-dire du respect des attentes établies et des anciennes coutumes. Sa théorie du droit pénal n’a rien à voir non plus avec une philosophie de l’émancipation : elle est fondée sur le mépris du sentimentalisme, et, soucieuse d'introduire, dans la détermination des peines, la rigueur propre aux sciences exactes, se défie, autant que de la cruauté expéditive qui multiplie et aggrave les peines, de la pitié irréfléchie qui les atténue et qui pardonne. Un projet philanthropique le préoccupe à cette époque par-dessus tous les autres, son projet de prison modèle, le Panopticon, aussi despotique que philanthropique, où les dispositions architecturales et administratives sont telles que le directeur ne puisse pas ne pas travailler à la régénération des prisonniers, où toutes choses concourent en quelque sorte mécaniquement à identifier les intérêts des gouvernants et des gouvernés. Ne sommes-nous pas au temps de Voltaire et des physiocrates, des despotes éclairés et des ministres philosophes ? Les tendances de la doctrine de l’utilité, telle que Bentham l’incarne, sont, vers cette époque, favorables à l’autoritarisme politique : cependant vingt-cinq ans plus tard, Bentham sera le philosophe du parti «radical».

D’une part, le développement des sciences physiques, la découverte du principe de Newton, qui permet de

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