X INTRODUCTION
sément Bentham, la condition nécessaire de la persistance de l'espèce. Il est, en outre, facile de s'assurer que les sentiments égoïstes admettent, mieux que tous les autres, un équivalent objectif. La crainte d’une douleur se laisse avec quelque précision évaluer et comparer à d’autres craintes, lorsque les douleurs considérées sont des douleurs proprement égoistes, lorsqu'il s’agit, par exemple, de la crainte d’un nombre déterminé de jours de prison : c'est pourquoi l’idée d'appliquer le principe de lutilité à la théorie du droit pénal semble s’être présentée la première à l'esprit de Bentham. Une espérance se laisse, avec quelque précision, évaluer et comparer à d’autres espérances, lorsque les plaisirs espérés sont d'ordre égoïste, lorsqu'il s’agit, par exemple, de lespérance de recevoir un nombre déterminé de pièces de monnaie égales entre elles : c’est pourquoi l’économie politique, la « dogmatique de l’égoïsme » constitue peut-être la plus fameuse des applications du principe utilitaire. L'invention de la monnaie elle-même ne suppose-t-elle pas l'existence d'une sorte d'économie politique spontanée, antérieure à la science réfléchie des économistes, et fondée, comme celle-ci, sur lPopinion qu'il est possible de trouver une unité objective pour mesurer et comparer entre eux nos sentiments de plaisir égoiste ?
Done le principe de la sympathie ou de la fusion des intérêts ne sera pas le principe fondamental de la morale de l'utilité, si la doctrine utilitaire doit présenter le caractère d’une science exacte. Mais alors, si ce sont