CHAPITRE II
le là, ils reprennent Verdun ; le 21 , ils prennent Mayence; le 22, Longwy; le 23, ils entrent à Francfort; le 6 novembre, ils triomphent à Jemmapes, occupent Bruxelles le 14 novembre, s’emparent de la citadelle d’Anvers le 30, prennent le château de Namur le 2 décembre et Bréda le 25 février 1793. Là, ils s’arrêtent, non pas vaincus, mais trahis.
La retraite des Prussiens étonna tout le monde, et la joie fut d’autant plus vive. Les journaux, qu’on peut bâillonner, mais dont il n’est pas aussi aisé de mettre la sagacité en défaut, virent là une intrigue et donnèrent l’éveil à l’opinion. Ils demandèrent comment Dumouriez, qui, avec dix-sept mille hommes, la plupart conscrits, avait arrêté une armée de quatre-vingt-douze mille hommes victorieuse, bien portante et bien
approvisionnée, n’avait pas coupé la retraite et tué te dernier soldat à cette même armée réduite de plus de moitié par la dyssenterie et la famine, embarrassée dans sa marche par vingt mille malades, et à laquelle il pouvait opposer, non pas dixsept mille, mais soixante mille combattants, mieux disciplinés, mieux équipés, plus aguerris et pleins d’enthousiasme. Le mouvement des Prussiens était une promenade.
Le 30 septembre, ils ne firent qu’une lieue, suivant en sens inverse la route qui les avait conduits au camp de la Lune. Quand ils allaient à droite, les Français allaient à gauche; quand leur arrière-garde s’arrêtait, notre avant-garde faisait halte. Fabius- Dumouriez, comme l’appelait plaisamment Camille Desmoulins, n’avait-il pas ainsi, non pas poursuivi, mais reconduit poli-