‹ La Révolution et le livre de M. QuinetChapitre 12 sur 94 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

ment le roi de Prusse à la frontière* 1

Suivant l’habitude, on commença par crier à la calomnie contre les journalistes ; il fut bientôt prouvé qu’ils avaient deviné juste. Les honteux détails des entrevues qui avaient eu lieu à Dampierre le 22 septembre, à Sainte-Menehould le 2 4, et au camp de Brunswick le 25, sont connus. La trahison eut des effets désastreux.

Tous les malheurs éclatèrent à la fois.

Dumouriez, qui avait commencé sa défection en Champagne, trahit le courage de son armée à Nerwinde. Le 18 mars 1793, il ouvrit les portes de Breda, celles de Gertruydemberg le 31, et livra le 1 er avril aux Autrichiens les quatre représentants.envoyés par la Convention pour l’arrêter. Mayence h’était plus à nous; le Palatinat et le cours du Rhin étaient perdus; Condé, Valen-

LA H ÉVOLUTION

tiennes et Le Quesnoy livrés au prince de Cobourg; Dunkerque, Landrecies, Maubeuge et Cambrai menacés. L’Ouest était en feu, Lyon insurgé, Toulon livré aux Anglais; la Gironde, le Morbihan et le Calvados étaient soulevés et en armes ; les Espagnols, qui avaient envahi le Roussillon le 17 avril, s’étaient emparés de Bellegarde, de Port- Vendres, de Collioure, et menaçaient Perpignan.

En même temps, Paris était agité par les émissaires venus de Londres et de Bâle ; le p?iin était rare, et le peuple craignait chaque jour d’en manquer ; le papier-monnaie était avili par les faux assignats, qui tuaient le crédit et minaient la confiance; les caisses du Trésor étaient à sec et celles de l’armée livrées au pillage le plus éhonté. « Je ne conçois pas, avait dit Cambon dans la

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