CHAPITRE II
séance du 5 décembre, comment il se fait qu’avec 498, 1Z| 8 et 422 millions de dépenses par mois, car tel est le taux des dépenses pendant les trois derniers mois, tout manque à nos armées. » Le scandale fut bientôt poussé plus loin, et quand Dumouriez passa à l’ennemi, nos troupes étaient sans souliers, sans habits, sans pain.
Les insurgés de l’intérieur étaient maîtres de la plupart des manufactures d’armes; les magasins à poudre avaient été incendiés à Iluningue, à Lorient et à Bayonne; et, comme le dit alors Barrère, le dénument de munitions était une seconde famine pour les armées. La marine était désorganisée, l’émigration lui ayant enlevé presque tous ses officiers; et pendant que nos ports étaient menacés ou vendus et nos colonies dévastées, nous n’avions à opposer sur mer
que soixante-six vaisseaux de ligne et quatre-vingt-seize frégates ou corvettes à la coalition, où la Hollande seule comptait pourcent vaisseaux da différentes grandeurs et l’Angleterre pour cent cinquante-huit vaisseaux de ligne, vingt-deux vaisseaux de 50, cent vingt-cinq frégates et cent huit cutters.
Il y eut quelque chose de plus grand que toutes ces catastrophes, ce fut l’énergie du Comité de salut publie. L’immensité des dangers qui menaçaient la France lui fit découvrir en elle des ressources inouïes. Ces barbares i comme les appelaient les manifestes de la coalition, s’entourèrent d’abord de tout ce qu’il y avait d’illustre dans la science. Fourcroy; Uertholét, Vartdermonde,* Monge furent associés aux travaux du Comité. Les savants nationaux et étrangers