CHAPITRE II
Entre ses mains, le télégraphe et les aérostats devinrent des instruments de guerre. Par le télégraphe, il était comme présent à toutes les armées, et de là cette promptitude de mesures et cet ensemble de mouvements qui déconcertèrent si souvent les ennemis. Les ballons, dont on avait ri à la cour, firent gagner la seconde bataille de Fleurus, qui ouvrit une seconde fois la Belgique à l’armée française. Et le Comité de salut public demanda aux savants le moyen d’attacher à chaque armée et de mettre au service de la victoire des compagnies aérostatigues et une sorte d’artillerie aérienne.
Tous les métiers, toutes les industries, toutes les capacités, tous les bras, toutes les inventions, toutes les ressources furent mis en réquisition au service de la France
et contre les ennemis intérieurs et extérieurs qui fondaient sur elle de tous les côtés.
Ces travaux immenses et dont nous ne donnons encore qu’une nomenclature trèsincomplète, n’absorbaient pas, tant s’en faut, l’activité du Comité de salut public.
11 lui fallait, pour nourrir la France, lutter contre un système de famine organisé sur les mers, sur les frontières, à Paris et dans les départements. 11 fallait trouver les moyens de faire circuler et parvenir aux villes, aux districts et aux communes, les grains accaparés par l’avarice ou la conspiration, il les trouva. 11 fallait former une cavalerie, épurer les états-majors, choisir de bons généraux et punir les traîtres. 11 fallait surtout, sous peine d’avoir fait en vain tant d’efforts, de sacrifices, de dépenses et de préparatifs, reprendre les places li- •