LA RÉVOLUTION. — LA GUERRE
Pour mettre dans la discussion la logique et la clarté que M. Quinet n’a pas mises dans son livre, nous sommes forcé d’intervertir l’ordre des événements. M. Quinet reproche aux chefs de la Révolution, d’abord de n’avoir pas proclamé et imposé une nouvelle religion, ensuite de s’être emparés de la dictature. Le premier reproche n’est pas seulement une chose insensée rapproché du second, il est une inconsé-
u La révolution.
quence qui suffirait seule pour ôter au livre toute valeur philosophique et morale. Mais comme cette inconséquence ne serait pas suffisamment appréciée si nous n’examinions d’abord la question de la dictature, c’est par là que nous allons 'commencer.
Dans cette question, les faits sont le meilleur argument;cependant nous voulons, avant de les aborder, invoquer l’autorité d’un homme peu suspect de tendresse pour la Révolution et pour la dictature du Comité de salut public. Yoici ce que dit Royer- Collard :
« Qu’il y 'ait, pour les États des crises plus fortes que les remèdes ordinaires, dont l’application serait impossible ou dangereuse ; qu’à ces époques fatales, les gouvernements puissent et doivent s’élever audessus des lois, frapper, s’il en est besoin?