‹ La Révolution et le livre de M. QuinetChapitre 21 sur 94 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Comité de salut public vit la Révolution

ainsi insultée, attaquée, affamée, il ne prit

conseil que de son droit et de son désespoir, il opposa violence à violence, et ses ennemis, croyant l’intimider, lui dorfnèrent cette force irrésistible qui les accabla tous.

Devant ce pouvoir inflexible qui avait « fait un pacte avec la mort, » tout trembla, tout s’humilia, au dehors comme à l’intérieur. Dans une séance de la Chambre des lords, le duc de Bedford avoua, — ce que l’histoire prouve aujourd’hui incontestablement, — que c’était aux conspirateurs, aux cabinets étrangers, et surtout au ministère anglais qu’il fallait attribuer le régime de la Terreur. Celte terreur, avec laquelle on croyait perdre la République, passa dans les armées ennemies, et finit par gagner les princes, les rois, les gouverne-

ments. Tous étant frappés ou menacés, tous fléchirent. La Toscane, Parme, la Sardaigne, l’Espagne, la Hollande, la Saxe, la Prusse, conquises ou envahies, demandèrent la paix. Plusieurs de ces puissances s’allièrent même à la France et déclarèrent la guerre à l'Angleterre qui les avait soulevées contre nous. Quelques-unes de ces choses se firent, lorsque la Terreur ne régnait plus; niais, elle avait donné l’impulsion, et l’impression quelle avait faite durait toujours.

L'audace, en entreprenant toujours plus que n’eût entrepris la prudence, trompa tous les calculs; et les moyens qu’elle trouva furent, non-seulement formidables, mais expéditifs : c’était l’important. Et comme qui est merveilleux frappe vivement l’imagination des hommes, l’audace du Cdmitê

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