‹ La Révolution et le livre de M. QuinetChapitre 22 sur 94 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

de salut public opéra des prodiges en sens contraire sur les armées ennemies et sur les armées françaises : sur les premières, en exagérant leur faiblesse, d’où résultèrent des terreurs vaines et paniques ; sur les nôtres, en exagérant leurs forces, d’où résultèrent des miracles de confiance et d’intrépidité.

Pour sauver la Révolution , Il fallait un pouvoir qui trouvât des ressources grandes Comme les besoins, et qui rendît l’obéissance prompte comme le danger. Six ceilt hrille hommes furent levés en moins d’un mois* Tous les cultivateurs durent verser leurs denrées dans les magasins de la République; tout fut mis en réquisition, les Chevaux, les chariots; les chaussures, les bêlements. Tou^ceux qui n’étaient pas employés à combattre furent employés à tra-

vailler pour, ceux qui combattaient. Les résultats répondirent aux elïbrts. Le duc de Brunswick, au mois de septembre 92, partait de Magdebourg, en promenade militaire, et venait, au noir* de la coalition, traiter la France comme une seconde Pologne.

Bientôt l’on vit cette coalition si insolente expirer, humiliée et vaincue, dans un village du Frioul.

Un pouvoir limité par une constitution et assujetti à des règles fixes eût-il opéré de tels prodiges? N’eût-il pas infailliblement succombé sous la foule de calamités et d’ennemis qui fondaient sur la Révolution de toutes parts ? En vérité, nous n’admettons pas que cela puisse faire l’objet d’un doute et, bien moins encore, d’une sérieuse discussion.

La dictature, dit-on, causa de grands

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