‹ La Révolution et le livre de M. QuinetChapitre 28 sur 94 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

de gouvernement : accusation absolument injuste, démentie par les faits, par les déclarations de ceux que M. Quinet accuse, et, nous le montrerons, par M. Quinet luimême. Mais ici nous devons citer textuellement.

« Robespierre, Saint-Just, Billaud-Varennes, dit M. Quinet, voulurent changer ce qui avait été un accident en un état permanent. Ils se firent un principe de gouvernement de ce qui avait été d’abord un éclat de colère, une impulsion du déses^ poil*. Froidement et impassiblement, ils convertirent la furie gauloise en règles; ils rendirent durable ce qui, de sa nature; n’est que passager : l’indignation, la crainte; la frénésie; ils firent de la fureur un froid instrument de règne et de salut. Figurezvous une mer déchaînée et changée tout à

coup en une mer d’airain immobile. Voilà la conception du terrorisme.

« Par eux, le vertige de certaines journées devint le tempérament fixe et Pâme de la Révolution. Ils fermèrent le retour à la pitié, au repentir. Us prirent tout ce qu’il y a de tempêtes dans les passions de la foule , et ils en firent du bronze. Ils fixèrent ce qu’il y a de plus changeant dans le monde : les colères d’un peuple. Ils systématisèrent ce qu’il y a de plus spontané, de plus irréfléchi : l'ivresse d'une multitude. »

Laissons de côté la mer d’airain, les tempêtes de bronze et toute cette rhétorique si déplacée sous la plume d’un historien; attachons-nous au fond. M. Quinet accuse les chefs de la République d’avoir voulu changer la dictature en état permanent, et d’en avoir fait un principe de gou-

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