‹ La Révolution et le livre de M. QuinetChapitre 29 sur 94 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

vernement. line telle accusation voulait être appuyée de documents sérieux, irrécusables, authentiques. M. Quinet devait avoir et donner des preuves ; il n’en a aucune et n’en donne pas une seule. II affirme et passe outre, ce qui est tout à fait insuffisant.

Robespierre, Saint-Just, Billaud-Varennes et les autres que M. Quinet ne nomme pas, ont prononcé bien des discours à la Convention et au club des Jacobins; nous avons ces discours -textuellement : y trouve-t-on unp phrase, un mot qui justifie cette imputation d’avoir voulu systématiser la Terreur? Non; pas une'phrase, pas un mot. Tout prouve, au contraire, que la dictature n’a été pour eux qu’une machine de guerre, une arme de combat, et qu’ils n’en ont fait usage qu’au moment suprême et

sous le coup de la plus impérieuse nécessité. « La France, dit Robert Lindet, a été pendant dix-huit mois un camp que nous avons nourri. » Et M. Quinet lui-même v reconnaît que les dictateurs, « tant qu’ils furent les maîtres, opérèrent le miracle d’empêcher la famine. »

Robespierre, dès les premiers jours, et lorsque la coalition s’organisait à la frontière, se prononça énergiquement contre le système de la guerre offensive que soutenaient les Girondins, en quoi il montra, de l’aveu même de M. Quinet, sa prévoyance et son bon sens. Indépendamment du désarroi où la trahison de la cour avait jeté 1a France, ce qui effrayait Robespierre dans le projet de guerre offensive, c’était la dictature qu’il entrevoyait comme l’inévitable résultat, soit de la défaite, soit de la victoire;

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