‹ La Révolution et le livre de M. QuinetChapitre 30 sur 94 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Sur ce point, il n’a jamais varié, ni dans ses discours, ni dans ses écrits, et là-dessus sa conviction était telle qu’il n’hésita pas, pour la faire prévaloir, à jouer sa popularité. Dans l’histoire de la Révolution, c’est le fait le plus connu ; il est le point de départ de la lutte entre les Jacobins et les Girondins , et il est inconcevable que M. Quinet ait pu le méconnaître.

Non, la dictature ne fut pas un systèmede gouvernement; elle fut le résultat de la nécessité la plus évidente, l’unique moyen de salut dans une situation désespérée. Les rois de l’Europe ayant vu de bonne heure combien la Révolution leur était personnelle, n’épargnèrent rien pour la détruire; ni la guerre* ni la famine, ni la corruption, ni les conspirations intérieures; et, afin de justifier de pareilles iniquités; ils feignirent

LA «ÉVOLUTION

de regarder la Révolution comme une rébellion contre l’ordre social. C’est contre eux, contre les ennemis du dedans et du dehors, que la dictature fut organisée et exercée légitimement par les plus forts, par les cœurs fiers et indomptés, par ceux en qui la Révolution avait mis sa confiance et qui la justifièrent.

La dictature dura dix-huit mois. Elle eût pu durer davantage dans les mains d’un seul homme; elle ne le pouvait guère dans les mains de plusieurs, et si, en effet, elle ne dura pas plus longtemps, c’est qu’étant pour tous, non un système régulier et permanent, comme dit M. Quinet, mais un expédient de combat, violent et passager, chacun, à un certain moment, voulut la supprimer. 11 y eut divergence sur la question d’opportunité, mais, sur le fond, Danton,

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