‹ La Révolution et le livre de M. QuinetChapitre 33 sur 94 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

SI

aussi alors l’ouvrage de Mascheroni sur la géométrie ancienne, et Monge, qui avait donné, en 93, sa Description de l'art <le fabriquer les canons, publia en 9 h sa Géométrie descriptive, devenue bientôt indispensable à tous les arts de construction. En 92, Méchain et Delambre, chargés de l’opération sur laquelle on fonda bientôt après le nouveau système métrique,- mesurèrent en cinq endroits différents la hauteur du pôle et la direction de la méridienne. On connut exactement dix degrés du méridien.

Méchain, voulant ajouter deux degrés nouveaux en conduisant ses triangles jusqu’aux Baléares, mourut victime de son dévouement à la science. Deux astronomes, jeunes alors et aujourd’hui illustres, MM. Arago et Biot, reprirent l’exécution de ce projet et le terminèrent en 1808.

Si la France a eu alors la carte de ses nouveaux départements, l’Angleterre celle de ses provinces méridionales, la Suisse celle de ses cantons, l’Allemagne celle de plusieurs provinces, levées par des ingénieurs français ; si les gouvernements ont mieux connu leurs États et les particuliers leurs propriétés, on le doit aux encouragements donnés par la Révolution à ces grandes opérations qui répandirent en Europe le goût de la géodésie.

Nous sommes, malheureusement, trop incompétent en science mathématique pour parler avec la précision et la netteté convenables des progrès que cette science a faits pendant la Révolution. Tout ce qu’il nous est permis d’en dire, c’est qu’alors parurent les traités et les mémoires remplis de ces idées fécondes qui annoncent les intelligences du

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sa

premier ordre. Grâce aux travaux de Lagrange, de Lalande, de Laplaçe, de Poisson, de Carnot, d’ Ampère, la mécanique s’illustra par des inventions qui vivifièrent les manufactures et permirent plus tard à Napoléon de regarder notre industrie comme indépendante de l’industrie étrangère.

C’est en 92" que Lalande a publié ses traités d’astronomie. C’est pendant la Révolution que celle science s’est perfectionnée dans toutes ses parties, qu’on a découvert dix-sept comètes, développé et évalué toutes les inégalités sensibles des planètes, que les tables ont acquis une plus grande précision, que les calculs usuels sont devenus plus exacts, et que, comme le dit Delambre à Napoléon, le 8 février 1808, des observations de tout genre ont fait connaître des astres entièrement nouveaux et agrandi à

uns yeux et à noire imagination l’ensemble admirable qui forme le système du monde.

Le désir de perfectionner la connaissance .

et la description des mers qui baignent les côtes des divers btats n’a jamais été plus vif en France qu’à l’époque de la Révolution. Ce fut en 1791 qu’eut lieu la malheureuse expédition de Dentrecasteaux. C’est à M. de Fleurieu, ministre en 1790, qu’on doit la belle introduction au voyage si heureux, si modeste et si utile du capitaine Marchand. C’est le Conseil exécutif de la Convention qui envoya M. Olivier à Constantinople et en Perse, et le voyage publié par ce savant est compté parmi les mieux

faits et les plus instructifs. C’est par ordre

du Directoire que le capitaine Baudin alla reconnaître les côtes de la Nouvelle-Hollande dans une expédition qui a rendu de

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