‹ La Révolution et le livre de M. QuinetChapitre 37 sur 94 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

stances plus communes que le blé, et les filtres de charbon, qui ont rendu agréables et salubres les eaux les plus corrompues.

C’est la Révolution qui a établi les fabriques de produits salins dont la France manquait autrefois. C’est depuis lors que lacéruse, le vert-de-gris, la couperose, l’alun, le sel ammoniac et la soude se font chez nous aussi parfaitement qu’en aucun autre pays. C’est alors que furent perfectionnés le tannage, la teinture de coton, le blanchiment à la vapeur, la fabrication du savon, du fer-blanc, des cristaux, et que furent introduites en France la carbonisation de la tourbe et la purification du charbon de terre.

Si nos lecteurs n’ont pas oublié- ce que nous avons dit des travaux du Comité de salut public, ils savent les services qu’il a

rendus, au milieu desplus grands dangers, en simplifiant, multipliant et rendant populaires l’extraction du salpêtre, la fabrication de la poudre et des armes de toute espèce.

Enfin, car nous ne pouvons pas tout rappeler, les ouvrages de Chaptal sur le vin, en rendant exquises et salutaires des boissons insipides et dangereuses, ont produit une révolution dans cette branche de l’industrie française, augmenté la fortune des artisans et les jouissances de tout le monde.

En résumé, laRévolution a soutenu, dans

y toutes les branches de la science, l’honneur 1 de la France aussi glorieusement qu’elle a I défendu ses droits et son indépendance con- 'tre l’Europe coalisée. Des écoles normales, à la tête desquelles on vit deux membres de la Convention, réunirent plus de trois mille élèves, dont plusieurs mirent au ser-

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vice de leur pays autant de lumières que d’héroïsme, et dont quelques-uns ont été dignes de succéder à Lagrange, à Laplace, à Monge et à Berthollet.

Les progrès accomplis de 1789 à 1800 ont été tels en tout genre, que Cuvier put dire à Napoléon, dans les premiers temps de l’Empire, que le catalogue général des animaux et des végétaux seulement avait été augmenté de plus du double.

On comprend maintenant ce que racontent tous les mémoires et toutes les histoires de l’étonnement qu’éprouvèrent, en rentrant en France, à la fin du Directoire, les étrangers et les émigrés qui ne l’avaient pas vue depuis 1791. ils étaient frappés de la fécondité générale des campagnes. Ils avaient laissé le paysan misérable dans presque toutes les provinces; ils le retrouvaient

mieux logé, mieux vêtu, mieux nourri, moins grossier, parlant moins le patois et beaucoup plus le français.

• Voilà les ressources créées ou léguées par la Révolution, et comment expliquer alors, répétons-le, que M. Quinet ait pu dire que la Révolution ne vaut pas ce qu’elle a coûté?

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