LA RELIGION
De toutes les questions soulevées par la conduite de ceux qui eurent en main les destinées de la Révolution, en 91 et en 9o.
la plus délicate, sans comparaison, est la question religieuse. C’est celle qui impose le plus à l’historien la parfaite connaissance des faits et la sereine impartialité des jugements^
Or, de toutes les parties du livre de M. Quinet, la plus erronée* la plus illogi-
LA «ÉVOLUTION
que, celle où les faits, les nécessites des circonstances, les principes fondamentaux de la politique et de la philosophie sont le plus méconnus, c’est incontestablement la partie où la question religieuse est examinée. Nous accentuons ainsi notre pensée, parce que nous avons d’avance la certitude que, sur ce point, plus que sur aucun autre, notre appréciation sera approuvée par tous les lecteurs sensés et pratiques, sans distinction de croyances.
Aujourd’hui, la question religieuse, en apparence si compliquée, est très-simple.
Pour la trancher, il suffirait d’un article de loi à peu près ainsi conçu : « Le budget des cultes est supprimé. L’Etat ne reconnaît aucune religion ; il protège indistinctement toutes celles qui ne sont pas incompatibles avec l’ordre social et avec la morale publi-