CHAPITRE VI
que. » — Le jour où une assemblée nationale aura le bon sens de proclamer ces deux vérités élémentaires : d’abord, que l’État est incompétent pour juger les doctrines spéculatives; ensuite, qu’il n’y a dans le monde qu’un seul pouvoir, le pouvoir civil ; ce jour-là, non-seulement l’éternel problème des rapports entre l’empire et le sacerdoce sera résolu, il n’existera plus.
Mais cette solution, imposée désormais par la force même des choses, n’était pas, en 89, aussi simple qu’aujourd’hui. Elle ne s’était présentée, pendant le xvm e siècle, qu’à quelques esprits d’élite, trop élevés sur ce point au-dessus de leurs contemporains pour en être compris. D’ailleurs, ces grands esprits n’avaient examiné la question que d’une manière abstraite et en
philosophes, tandis que les chefs de la L\é-
volution, aux prises avec la réalité, durent, avant tout, l’envisager en politiques chargés, devant leur pays et devant l’histoire, de la plus redoutable responsabilité.
En 89, les publicistes, les jurisconsultes, indignés et fatigués du perpétuel conflit du sacerdoce et de l’empire, crurent non-seulement y mettre un terme, mais changer le conflit en* concours, en réunissant les deux puissances dans'lamême main. Ils partirent de ce principe incontestable — qu’il ne peut y avoir deux puissances indépendantes dans une même société, sans y causer des troubles* sans priver l’État de l’unité de pouvoir qui en maintient l’harmonie. — Mais, au lieu de remonter à l’origine de ces deux puissances, de rechercher leurs fondements et leurs moyens d’action, ce qui les aurait conduits à en éliminer une, ils les