CHAPITRE PREMIER
non-seulement leur repos et leur vie, mais quelque chose de plus sérieux, leur réputation. « Périsse ma mémoire, ont-ils dit, et que la patrie soit sauvée ! » Cette méi moire, qu’ils ont abandonnée ainsi à la, calomnie, est notre glorieux héritage, et au lieu de la défendre, M. Quinet la poursuit de ses outrages. Plus tard nous parlerons des hommes ; en ce moment nous n’examinons que les faits. Nous ne nous excusons pas de les répéter à ceux qui les savent, mais nous devons les rappeler à ceux qui les oublient.
Jusqu’au 10 août, la Révolution est mal assurée dans sa marche ; elle tâtonne, elle hésite, quelquefois on peut croire qu’elle s’égare. Enfin, le 21 septembre 92, elle apparaît dans sa force et dans la logique de ses principes; elle s’établit sur son vrai ter-
rain et elle s’y maintient tant que ses destinées sont dans les mains de ses vrais défenseurs. Dès les premiers jours, ditM. Quinet, « elle a montré ses pieds d’argile. » Quelle vue .fausse et quelle inconcevable erreur !
La naissance de la République au milieu des déchirements et des plus grands revers, suivis des plus glorieuses victoires; la puissance avec laquelle, de son berceau, elle accable tous . ses ennemis, donnent au contraire à son enfance la njajesté des vieux empires, imposent et assurent la gloire à tout son avenir.
Le 20 avril J 792, Louis XVI, entraîné par Dumouriez, ministre des affaires étrangères, propose à l’Assemblée de déclarer la guerre au roi de Bohême et de Hongrie.
Après deux heures de discussion, dans une séance de nuit, la guerre est votée pres-