‹ La Révolution et le livre de M. QuinetChapitre 5 sur 94 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

que à l’ unanimité, au milieu des applaudissements des représentants et des spectateurs qui encombrent les tribunes.

Louis XVI n’ayant proposé à l’Assemblée de déclarer la guerre que pour accélérer la marche de ses libérateurs, cette bonne nouvelle est immédiatement expédiée h tous les chefs des émigrés, par des courriers extraordinaires. Mallet-Dupan, chargé d’une mission secrète , porte aux puissances étrangères des instructions rédigées de la main du roi, et les correspondances de la cour. Ces correspondances exprimaient la plus vive joie, les plus brillantes espérances. « La véritable armée du roi, y disait-on, est composée de vingt mille émigrés et de cent cinquante mille hommes au moins, tant Prussiens qu’ Autrichiens et Impériaux. Ces forces vont se réunir et se

déployer contre les factieux et les scélérats qui tyrannisent la France, pour que leur châtiment serve bientôt d’exemple à tous ceux qui seraient tentés de renverser le trône et de troubler la paix des nations.

L’Assemblée nationale , en déclarant la guerre, a donnp dans le panneau . »

Les correspondances disaient vrai, ou du moins la cour devait le croire, car, pour rendre l’invasion plus facile, elle avait laissé l’armée dans le plus complet délabrement.

Tout manquait, les armes, les habits, les munitions, les chevaux, les effets de campement. La plupart des places étaient démantelées et manquaient aussi de vivres et de munitions. Plusieurs généraux, commandants, officiers, commissaires de guerre, commis et gardes-magasins étaient ou ennemis, ou suspects, ou vendus. Les mar-

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