CH A PI T RH VI
et à tous les gouvernements de si grandes complications.
Si M. Quinet.se fût borne à blâmer leur conduite, il n’v aurait eu qu’à s’associer à son blâme; seulement, pour être juste, il aurait fallu tenir compte des raisons qui expliquent cet oubli des principes. Et si, au lieu d’un article de journal, nous écrivions une histoire, nous montrerions combien ces raisons sont nombreuses et puissantes. Mais M. Quinet va plus loin; ce qu’il reproche aux législateurs de la France nouvelle, ce n’est pas la faute qu’ils ont commise, c’est de n’en avoir pas commis une plus grande.
A l’en croire, ils auraient dû, s’emparant en même temps du pouvoir politique et du pontificat religieux, proscrire tous les anciens cultes, détruire tous les temples, et sur
les ruines des anciennes religions proclamer
et imposer une religion nouvelle. — Laquelle? M. Quinet a oublié de le dire.
Pour le moment, n’insistons pas sur cette idée bizarre de métamorphoser les disciples de Voltaire et de Montesquieu en- fondateurs de religion, et de renouveler, dans la France de Y Encyclopédie, du Dictionnaire philosophique et des Lettres 1 persanes, les luttes religieuses qui ont bouleversé l’Europe du \vi e siècle. Disons seulement qu’avec le système de M. Quinet, — en admettant que l’application de ce système chimérique eût pu jamais être entreprise, — la Révolution se couvrait de honte et de ridicule. Le plus intolérable despotisme était fondé, et la France trouvait, dans la concentration des deux pouvoirs, un dissolvant plus actif que dans la combinaison imaginée par les législateurs de 89. Nous allons voir à quels