‹ La Révolution et le livre de M. QuinetChapitre 42 sur 94 · CHAPITRE M · texte numérisé non relu

CHAPITRE M

embarras et à quelles mesures terribles l’Assemblée constituante condamna l’Assemblée législative et la Convention ; on pourra juger alors, approximativement, des conséquences qu’aurait eues le système de M. Quinet, que nous exposerons bientôt.

Nous l’avons dit : au lieu de la grande réforme entreprise par le comité ecclésiastique de l’Assemblée, il fallait tout simplement assurer la liberté du culte catholique et s’en tenir là; protéger tous les cultes, tant qu’ils se seraient maintenus dans leurs temples, et les y faire rentrer le jour où ils auraient essayé d’en sortir.

Ce système, qui aurait en même temps consacré un grand principe et résolu un grand problème, ne parut pas praticable dans les circonstances du moment. Des esprits d’ailleurs fort éclairés regardèrent

LA «ÉVOLUTION

comme une imprudence d’abandonner à lui-même le clergé d’un culte naguère dominant, et qui subissait en murmurant le régime nouveau qui lui enlevait sa position privilégiée dans l’iitat et ses immenses propriétés.

Dans la nuit du k août, le clergé avait consenti au rachat des dîmes; le 11 août, l’Assemblée les supprime sans indemnité.

Le clergé crie à la spoliation ; l’Assemblée met ses propriétés foncières dans la main de la nation et déclare le culte dépense nationale. — Faute énorme. — Le clergé, cependant, se prétend dépouillé ; on trouve qu’il ne l’est point assez. Pour lui enlever l’influence dont il jouissait encore et dont il usait contre la Révolution, et pour lui ôter jusqu’à l’espérance de redevenir le premier ordre de l’État, les jurisconsultes de l’Assemblée

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