CHAPITRE VII
les États régénérés lui accordèrent une liberté qui 1 n avait plus de péril. Car il reparaissait en étranger, ombre atténuée de ce qu’il avait été. La nation était trop fortement engagée, pour revenir à son point de départ. On rendit ses droits au vieil esprit quand il lui fut impossible d’en faire usage pour ressaisir l’autorité. »
« Voilà comment toutes les sociétés qui ont rompu avec le passé ont réussi à changer, non pas seulement leurs dehors, mais leur esprit, seule révolution, à vrai dire , qui mérite ce nom . »
Il semble que cela était assez clair, assez explicite : M. Quinet a voulu être plus clair, plus explicite encore. Voici en quels termes et avec quelles allures il passe de la théorie à la pratique de l’extermination :
« L’erreur des chefs de la Révolution a
été de s’imaginer qu’une ancienne religion disparaît de la terre par la seule indifférence, par la désuétude ou par la discussion. Il n’est pas, jusqu’à ce jour, un seul culte, si faux, si absurde que vous puissiez vous le figurer, qui ait disparu de cette manière. Tous ceux qui ont cessé d’être sont tombés, non par l’indifférence, mais parce (/ne l'ordre formel leur a été donné de mourir.
« Si le christianisme se fût contenté de discuter avec le paganisme, quand tout esprit en avait disparu, les temples d’Isis et
de Diane seraient encore debout en Égypte et en Grèce. Mais le christianisme, voyant qu’il avait affaire à des choses mortes, n’essaya plus de les persuader. Il ordonna comme on ordonne à la nature manimée, et le paganisme s’évanouit. La crainte tint lieu