CHAPITRE PREMIER
chés, quand ils n’étaient pas frauduleux, restaient sans exécution. Aussi l’ennemi put-il facilement passer la frontière et pénétrer dans l’intérieur. La guerre avait été déclarée le 20 avril; elle commença le 28 par le combat de Quiévrain, entre Mons et Valenciennes , où nous fumes battus , et depuis ce jour-là chaque courrier apportait à Paris la nouvelle d’une déroute.
Les accusations éclatent alors dans l’Assemblée, dans les clubs, dans les journaux; partout on crie à la trahison. Que fait le roi ! L’Assemblée avait licencié la garde royale et ordonné la formation d’un camp de vingt mille hommes sous Soissons. Louis XVI refuse le 18 de sanctionner ce décret; le 20 les Tuileries sont envahies, et le 22 le roi lance une proclamation où il déclare qu’il ne donnera jamais son approbation à des
i» LA RÉVOLUTION.
décrets qui lui paraîtront contraires à l’intérêt public. La déclaration était malheureuse, puisqu’il s’agissait d’un projet de défense contre l’ennemi. Le peuple y vit l’éclatante manifestation du désir de livrer Paris aux étrangers. A ce moment, La Fayette abandonne son armée et vient prononcer dans l’Assemblée un discours qui
soulève une indignation générale; Pétion, maire de Paris, est suspendu de ses fonctions par le conseil du département, et le roi confirme cette décision. Le peuple s’émeut, devient menaçant, on crie dans les rues et on écrit sur les chapeaux : Pétion ou la mort! L’Assemblée se prononce pour le peuple et Pétion reprend ses fonctions.
C’est au milieu de cette effroyable agitation que tombe le manifeste du duc de Brunswick, rédigé conformément aux in-