CHAPITRE VII
Pour défendre la France et la Révolution, attaquées au dedans et au dehors par des moyens indignes, le Comité de salut public s’arma d’une dictature terrible, mais momentanée ; pour opprimer ce qu’il y a au monde de plus inviolable et de plus sacré, la pensée et la conscience, M. Quinet érige l’extermination en système. Où est ici le vrai terroriste? Que les hommes sensés répondent.
M. Quinet prétend qu’en arrêtant l’ardeur de ceux qu’il appelle les iconoclastes, les ravageurs d’églises, les Jacobins ont livré à l’ennemi la Révolution « démâtée, désorientée, sans boussole, sans étoile, » et il ajoute : « Ce qu’il y a de plus effroyable en 1793, est de voir les terroristes la ramener eux-mêmes, voiles basses, vergues brisées dans l’ancien port du pouvoir ab-
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solu... Là est toute l’histoire des défaites de la démocratie française. » Et comme il sent bien que ces voiles basses, ces vergues
brisées et cet ancien port ne sont pas des
raisons, il fortifie cette belle rhétorique par
ce dilemme que, dit-il, « on ne renversera pas. — Si l’on voulait la terreur, il ne fallait pas la tolérance; si l’on voulait la tolérance, il ne fallait pas la terreur. » — La réponse est facile : On voulait la terreur contre les actes hostiles, contre les faits matériels de conspiration , d’insurrection, d’agression intérieure ou extérieure ; on voulait la tolérance pour les pensées et les croyances. Et rien n’était plus politique, plus libéral, plus philosophique, plus en harmonie avec l’esprit du xvin* siècle. Le terrible dilemme est donc un non-sens ; c’est là. cependant, ce que les défenseurs