‹ La Révolution et le livre de M. QuinetChapitre 53 sur 94 · CHAPITRE Ml · texte numérisé non relu

CHAPITRE Ml

de M. Quinet ont trouvé, dans son livre, de plus fort à nous opposer.

Encore une citation, et nous la signalons particulièrement.

« Les Terroristes avaient très -bien vu que, pour rendre les Français propres à la liberté, il fallait entreprendre de changer leur tempérament. En cela, ils ont montré leur sagacité. Où ils se sont trompés, c’est lorsqu’ils ont cru que , pour modifier le tempérament d’un peuple, il leur suffirait de quelques mois d’une courte ter- , reur. Philippe II, il est vrai, changea le caractère du peuple espagnol. Il ploya le génie national ; mais il y mit un demisiècle. Au contraire, qu’était ce peu de mois de terreur révolutionnaire? Ils suffisaient justement pour exciter l’exécration; après quoi l’esprit public reparut

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plus léger, plus inconstant que jamais. »

Ainsi, les chefs de la Révolution méritent l’exécration, parce qu’ils se sont bornés à quelques mois d’une courte terreur. Si, au contraire, ils avaient, à l’exemple de Philippe II, terrorisé la France pendant un demi-siècle, ils seraient justifiés. Quelle belle conception, et quel apôtre de la liberté!

Bornons là nos citations et jugeons sommairement la doctrine qu’elles formulent.

Cette doctrine est fausse en fait et en droit ; elle est condamnée par l’histoire, par la politique et par la philosophie; elle est l’antipode des principes les plus élémentaires de l’école libérale et démocratique.

M. Quinet prétend que les religions disparaissent quand on leur signifie qu’il faut mourir. « Le christianisme ordonne, dit-il }

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