CHAPITRE VII
et le paganisme s’évanouit. » Il s’évanouit si peu, qu’il résiste plus de huit cents ans, et que le christianisme ne peut en triompher qu’en lui empruntant ses fêtes, ses cérémonies, tout l’appareil extérieur et populaire du culte. « Les chrétiens d’Orient, dit encore M. Quinet, ont été convertis par Mai homet. » Ils l’ont été si peu qu’ils ont conservé leur croyance malgré la plus terrible tyrannie, la plus abrutissante servitude, et qu’il y a, en Turquie, beaucoup plus de chrétiens que de mahométans. Et le protestantisme! Malgré» les guerres qui ont noyé deux ou trois générations dans le sang, où donc a-t-il extirpé le catholicisme? Nulle part! Ni en Irlande, ni en Angleterre, ni en Allemagne* ni dans le Danemark. Tous les persécuteurs, catholiques ou protestants, quand ils ont voulu dompter leurs adver-
LA «ÉVOLUTION
saires par la force, ont été également odieux et impuissants. Des deux côtés, le sang des martyrs a été, ce qu’il sera toujours, une semence de croyants.
« Il n’est rien, dit M. Quinel, de plus .
vain que de croire que la force ne peut rien contre les idées. » Il n’est rien, au contraire, de plus vrai et de plus consolant.
C’est la gloire de la conscience humaine de braver la persécution et de la couvrir de honte en lui résistant. L’impuissance de la force contre les idées est le plus constant enseignement de l’histoire.
D’ailleurs, et cette considération est décisive, la Révolution n’ayant qu’un but purement politique, et les armées des deux partis offrant le pêle-mêle de toutes les sectes, les combattants ne parurent dans la mêlée qu’à titre de personnes civiles. Les