‹ La Révolution et le livre de M. QuinetChapitre 7 sur 94 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

structions dont Louis XVI avait chargé Mallet-Dupan.

Par ce manifeste, monument de vandalisme et de folie, les rois avaient cru faire reculer la Révolution ; ils avaient signé l’arrêt de mort de Louis XVI et de la royauté.

Le 3 août, une députation des quarantehuit sections de Paris se présente à la barre de l’Assemblée nationale pour demander la déchéance. Dans la nuit du 8 au 9, les faubourgs marchent sur les Tuileries et les prennent le 10. Le roi se réfugie à l’Assemblée nationale qui le suspend, l’envoie prisonnier au Temple et convoque une Convention nationale.

Les séances de la Convention s’ouvrent le 21 septembre. A ce moment, Longwy et Verdun étaient pris, Lille bloqué, la tran-

chée ouverte devant Thionville, nos armées

en plein désarroi ; deux cent mille Autri-

chiens et Prussiens débordaient sur la frontière ; le roi de Prusse, à la tête de son armée, marchant sur Paris, était déjà en Champagne; l’Angleterre, jusque-là plus ou moins neutre, entrait ouvertement dans la coalition, et la guerre civile éclatait dans la Vendée.

La patrie était en danger ! A cette nouvelle, les volontaires s’élancent de tous les points, courent aux armes au cri de :

Vive la République ! et, dans Paris seulement, l’enthousiasme de la liberté enfante en trois jours une armée de quarante mille hommes.

Cet élan est universel, tout le monde jure, non plus de vaincre ou de mourir, mais de vaincre ces rois insolents qui ne

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