‹ La Révolution et le livre de M. QuinetChapitre 61 sur 94 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

motifs d’une aussi grave détermination? »

Lord Grenville, défendant les mesures proposées par le gouvernement, avait prétendu que la Révolution devait contribuer « à développer le principe inné des forces qui résident dans ce grand corps politique, la France, » et Burke, après avoir passé l’Europe en revue, avait osé dire que « la France ne méritait plus le nom de puissance, et que l’Assemblée nationale n’était qu’un repaire de démocratie féroce, sanguinaire et tyrannique. »

Pendant que Burke s’exprimait ainsi à la chambre des communes, son fils était à Coblentz avec l’ex-ministre Calonne et les émissaires de toutes les cours. L’attention de l’Assemblée constituante s’éveilla enfin, et elle chargea ses comités Militaire et des Recherches de lui présenter un rapport.

C’est à cette occasion que Mirabeau se plaignit de la politique insidieuse du cabinet de Saint-James, qui, « sans la participation et même à l’insu du peuple anglais, » pratiquait « des manœuvres sourdes, des moyens ténébreux pour exciter la désunion, pour balancer les partis, pour les déjouer l’un par l’autre, pour s’opposer à notre prospérité. » Mirabeau avait raison de ne pas confondre le peuple anglais avec le gouvernement. Il y avait à Londres trois sociétés

qui travaillaient à obtenir une réforme parlementaire et qui témoignaient à la Révolution française les plus vives sympathies* Ces sociétés étaient la Société constitutionnclle, la Société des Amis dé la Révolution de 1688 et la Société des Amis du peuple, dont lord Grey faisait partie. Après le 10 aoùtj et quand Louis XVI eut été ren-

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