CHAPITRE VIII
communications les plus nécessaires, fait avorter des spéculations d’où dépend souvent l’existence des peuples étrangers à ces mêmes querelles, qui suspend le cours des découvertes humaines, livre au pillage les biens du paisible négociant, et dévoue à la mort le navigateur qui veut les défendre. »
Cette noté si honorable resta sans réponse.
Les dispositions du gouvernement anglais, jusque-là si évidemment hostiles, prennent un caractère plus agressif après l’insurrection du 10 août. Dundas, par une lettre datée de White-Hall, le 17 août 1792.
ordonne au comte de Gower, ambassadeur à Paris, de demander ses passe-ports.
Cependant M. de Chauvelin reste encore à Londres, n’ayant plus aucune relation avec
loi
le gouvernement, lorsque tout h coup, le 25 novembre, lord Grenville l’invite à une conférence. A ce moment, les armées françaises étaient victorieuses sur tous les points. Le ministre anglais, jetant le masque, parle des griefs de l’Angleterre; les principaux portaient sur trois points : 1° l’ouverture de l’Escaut; 2° le décret par lequel la Convention s’était déclarée, le .19 novembre, pouvoir révolutionnaire dans tous les pays où ses armées pénétreraient; 5° les projets qu’on supposait à la France contre la Hollande.
Ici; M. de Chauvelin fut très-ferme. Nous ne pouvons pas reproduire la victorieuse réfutation qu’il communiqua au nom du conseil exécutif de la Convention. Mais voici en quels termes il releva l’insolence
de lord Grenville, qui affectait d’appeler le
gouvernement français le gouvernement ac-
tuellemènt établi à Paris. « Veuillez, je vous prie, me parler du gouvernement de la France; c’est la France entière qui le veut; c’est la France entière qui l’a établi; c’est elle tout entière qui le maintient. La République est déjà ancienne : des triomphes valent bien des années pour reculer les époques. »
A dater de ce moment, on put regarder toutes les relations comme rompues. M. de Chauvelin écrivit à Pitt, le 26 décembre; à lord Grenville, le 27. Il ne put pas obtenir qu’on reconnût son caractère représentatif. Le ministère ayant fait inopinément voter un bill qui soumettait aux dispositions les plus rigoureuses et les pl&s arbitraires les Français résidant ou arrivant en Angleterre, M. de Chauvelin demanda s’il était
compris dans la mesure. Lord Grenville lui répondit: « Comme ministre du roi trèschrétien , vous auriez joui de toutes les exemptions que la loi accorde aux ministres publics reconnus pour tels; mais comme particulier, vous ne pouvez que rentrer dans la masse générale des étrangers résidant en Angleterre. »
C’est alors qu’arriva la nouvelle de l’exécution de Louis XVI. M. de Chauvelin reçut immédiatement l’ordre de quitter Londres dans les vingt-quatre heures et le territoire anglais dans huit jours. Brissot put donc dire très-justement à la Convention, dans le rapport qu’il fit le 1 er février, au nom du comité de sûreté générale : « Le gouvernement anglais veut la guerre, vous ne pouvez plus en douter; il la déclare en ordonnant à notre ambassadeur de sortir d’Angleterre