CHAPITRE VIII
sous huit jours;... il vous la déclara, en demandant au parlement, à la nouvelle de cette mort (de Louis XVI), une addition considérable de forces de terre et de mer...
Déclarer la guerre à l’Angleterre, c’est déclarer une guerre qu’elle a déjà commencée. »
Remarquons, avant d’aller plus loin, que cette affectation de dévouement pour Louis XVI n’était qu’une hypocrisie. Fox, Grey, Sheridan, tous ceux qui voulaient le maintien de- la paix avec la France et qui s’intéressaient réellement au roi, invitèrent plusieurs fois le gouvernement à faire quel-
que démarche en sa faveur. Pitt refusa toujours obstinément. Nous avons dit qu’effrayé par les dispositions du peuple, il avait voulu forcer la France à prendre l’initiative de l’agression. 11 ne se contenta pas de
traiter insolemment notre ambassadeur, de laisser proférer dans les chambres les plus violentes diatribes contre la nation française, d’altérer notre crédit en présentant aux communes un bill tendant à empêcher la circulation de tout billet à ordre, rescriptions, ou obligations promissoires, faites sous l’autorité d’un, pouvoir quelconque en France, il poussa plus loin la perfidie. L’auteur des Mémoires d'un homme d'État raconte (t'. II, p. 9k) que, « au moment où la France était agitée par les intrigues de Pitt, on écrivait, presque sous sa dictée, à des membres influents de la Convention, et notamment à Brissot, que la déclaration de guerre serait le signal de la révolution anglaise, que tout était disposé à cet effet. »
Le gouvernement anglais désirait donc