CHAPITRE Mil
bien vivement la guerre. En la lui déclarant, le I e ' février 1793, la Convention ordonna l'impression de toutes les pièces diplomatiques échangées depuis le 12 mai 1792. 11 est impossible de parcourir cette volumineuse correspondance sans être frappé de la futilité des motifs allégués par l’Angleterre et pleinement convaincu que i’agrêssion est venue de son côté. Ce fut là, du reste, même en 93, l’opinion de tout ce qu’il y avait dans le parlement d’hommes éminents par le talent et le caractère, et il faut dire, à leur honneur, qu’ils l’exprimèrent avec autant de courage que d’éloquence.
« Il s’agit se savoir, dit lord Stanhope à la chambre des pairs, si la chambre va s’engager à soutenir une guerre préparée par nos ministres , et dans laquelle nous
sommes les agresseurs... oui, les agresseurs. Vous savez que le second article du traité de commerce de 1786 porte qu’en cas de malentendu entre les deux nations, le renvoi de l’ambassadeur sera regardé comme une rupture. Or, c’est nous qui avons renvoyé M. de Chauvelin delà manière la plus ignominieuse. Voilà donc la rupture de notre côté. Nos ministres ont voulu la guerre ,* ils l’ont commencée, puisqu’ils ont fait précisément ce qu’il fallait pour cela, précisément ce qu’avait prévu le traité. »
Dans la même séance, et dans un discours de la plus admirable éloquence, lord Landsdowne apostropha ainsi les ministres:
« Vous nous avez mis aux mains avec les Français, et vous voulez aujourd’hui vous décharger d’une responsabilité d’autant plus terrible que vous avez eu la criminelle folie