CHAPITRE VIII
de risquer le salut de l’État sur les prétextes les plus frivoles. Je vous cite au tribunal de Dieu, à celui de vos contemporains et de la postérité. »
Lord Landerdale reprocha aux ministres leurs manœuvres pour nationaliser la guerre.
« L’une des plus puissantes, dit-il, ce sont des libelles atroces contre les Français, où l’absurdité va de pair avec la perfidie. Ne les accuse-t-on pas d'avoir empoisonné les eaux et d’être coupables d’une foule d’autres crimes épouvantables? Nose-t-on pas mentir impudemment au peuple en disant que plusieurs Français ont été arrêtés pour un exécrable complot qu’ils étaient sur le point de réaliser? »
Le parti de la guerre l’ayant emporté, grâce aux efforts et à l’intimidation du ministère, les lords Stanhope, Derby, Lands-
downe et Landerdale consignèrent dans les registres du parlement une protestation que son étendue nous empêche de reproduire, et d’où nous extrayons seulement la déclaration suivante : « Ce pays n’a couru aucun danger qui puisse légitimer la guerre dans laquelle on nous entraîne... Il est prouvé que le roi de Prusse est le premier agresseur... La France a toujours témoigné de la
répugnance à rompre avec l’Angleterre. Nos
dernières provocations en sont la preuve.
Nous pourrions donner la paix à toute l’Eu-
rope, au lieu que, par notre conduite, nous mettons tout en danger. »
Mais c’est urtout à la chambre des communes qu’il faut voir de quelle haine le ministère était animé à l’égard de la France. « On a dit, s’écria Pitt, que c’était une guerre d’extermination que nous allions