LA VICTOIRE
Après les échecs de Mons et de Touraay, les étrangers ne virent plus dans les troupes françaises qu’un ramas de milices indisciplinables. La supériorité des armées prussienne et autrichienne, qu’on prenait depuis si longtemps pour modèles, n’en parut que plus constatée et mieux établie. Voici ce que raconte à ce sujet le prince de Hardenberg, alors ministre du roi de Prusse, dans ses Mémoires d’un homme d’État , ré-
digés par Schœl, son secrétaire : « C’était, dit-il, vers la fin de mai (à la revue de ^Magdebourg) et à Magdebourg même, où se rassemblait, sous les yeux du roi, le corps principal de l’armée prussienne, qui allait se mettre en marche. — N’achetez pas trop de chevaux, dit Bischofïswerder à plusieurs officiers de marque ; la comédie ne durera,, pas longtemps. Les fumées de la liberté se dissipent déjà à Paris; l’armée des avocats sera bientôt anéantie en Belgique, et nous serons de retour dans nos foyers vers l’automne. — Le duc de Brunswick,que ces événements entraînèrent hors de sa circonspection accoutumée, oubliant sa manière de voir récemment exprimée à Bischoffswerder, tint à peu près le même langage. Après la revue, rassemblant les principaux officiers et parlant avec eux de