LES GIRONDINS
Dans les révolutions, le parti vaincu, surtout lorsqu’il est vaincu légitimement, se venge toujours sur les hommes du triomphe qu’il cède au choses et aux. principes ; c’est ce qu’on a vu dans tous les pays et dans tous les temps. Mais ce qu’on n’a vu dans aucun pays ni dans aucun temps,
dans aucune révolution ancienne ou mo-
derne, c’est une vengeance comparable à celle qui, depuis le 9 thermidor, s’acharne
sur la personne et la mémoire des Jacobins.
Sauf de rares et honorables exceptions, il est impossible de lire sans tristesse la plupart des livres écrits depuis soixante-dix ans, sur' la Convention et le Comité de salut public. Jamais la vérité n’a été étouffée sous un tel poids de mensonges et de calomnies, jamais l’histoire n’a été plus audacieusement falsifiée, plus scandaleusement appelée en faux témoignage. Nous ne connaissons rien de plus navrant.
Surpris par les événements, quelques
hommes très-jeunes, complètement inexpérimentés, et n’ayant d’autre ressource que leur dévouement, soutiennent le choc des ennemis intérieurs et extérieurs de la République ; ils assurent le triomphe de la Révolution qui a changé la face de l’Europe.
Grâce à eux, la France, menacée par la