CHAPITRE IX
plus grande coalition que le monde eût encore vue, sort de la lutte, victorieuse et respectée; elle devient la Grande Nation.
Et parce que dans ce comhat à mort, ils se sont armés de la dictature, parce qu’ils ont eu des emportements et commis des excès, ils sont traités comme des monstres, et invariablement couverts d’opprobre. Ils ont, dit-on , déshonoré la démocratie et la liberté. En quels termes qualifier une telle injustice, et comment en parler de sangfroid? N’oublions pas, cependant, que ces hommes illustres avaient prévu cette ingratitude, et que la perspective des outrages que l’histoire leur réservait ne les a ni ébranlés, ni émus. Ayons donc, pour repousser les calomnies dont on ose flétrir leur mémoire, le calme qu’ils eurent pour les dédaigner.
Si les Jacobins ont été calomniés indi-
gnement, les Girondins ont été vantés jusqu’au ridicule, ils ont eu pour eux les rhéteurs, les politiques de fantaisie, les faiseurs de phrases, tous ceux qui, dans les révolutions, trouvent plus facile de parler que d’agir, de critiquer la besogne faite que de la faire. Dans leurs discours ils ont rencontré quelques mots, passés depuis lors à l’état de proverbe, et qui leur ont fait une sorte de légende. Leur histoire, depuis longtemps, n’est qu’une amplification de rhétorique, et c’est à eux surtout que s’applique l’apostrophe du poète :
I demens...
Ut pueris placeas , et declamatio fias.
M. Quinet, naturellement, prend parti pour les Girondins. A l’en croire, ils étaient de grands politiques, de fortes têtes, ils au-