‹ La Révolution et le livre de M. QuinetChapitre 73 sur 94 · CHAPITRE IX. 17.i · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX. 17.i

raient tout sauvé, tandis que les Jacobins ont tout compromis. Voyons si les faits justifient ce jugement. •

Les massacres de septembre avaient soulevé une indignation générale; il n’y avait, d’un bout de la France à l’autre, qu’un sentiment et qu’une voix contre ce crime abominable. Les députés nouvellement élus, arrivaient à la Convention avec les préventions les plus hostiles contre la députation de Paris, dont les principaux membres étaient injustement accusés d’avoir organisé ces massacres. Les plus ardents, ceux qui, dès les premiers jours, formèrent le noyau de la Montagne, étaient indécis. Quant à ceux qui n’avaient point fait partie des deux précédentes Législatives, ils ignoraient les haines qui avaient éclaté avant et surtout pendant les ''élections, et ils confon-

daient dans leur estime Robespierre et Pétion, Danton et Vergniaud, Desmoulins et Brissot. S’ils avaient une préférence, elle était pour les Girondins, entourés du prestige que leur avait donné l’éloquence de Ipurs chefs. Les sentiments de ces nouveaux députés se montrèrent dans le choix du premier président de la Convention; Pétion fut élu presque à l’unanimité. Les Girondins se crurent les maîtres de la Révolution; mais ils montrèrent bientôt qu’ils étaient incapables d’en diriger la marche.

Par leurs tracasseries, leurs injures, leurs attaques quotidiennes et intempestives, ils fatiguèrent la Convention, excitèrent d’implacables animosités, et rendirent impossible la conciliation si nécessaire à la République, et que Danton leur proposa vainement au nom de la Montagne. .

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