‹ La Révolution et le livre de M. QuinetChapitre 74 sur 94 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Leur orgueil ne souffrait aucune rivalité; ils étaient dévorés de l’impatience de vaincre, du besoin de dominer. Mais la vanité les aveuglait et les empêchait de voir que ce n’était pas avec des phrases à, effet qu’ils pouvaient lutter contre la députation de Paris, contre les hommes énergiques qui avaient fait partie de la Commune du 10 août, appris à braver tous les dangers, et dont le caractère avait été formé par la plus terrible éducation révolutionnaire.

Ils donnèrent à la France un spectacle vraiment unique. Par une aberration inexplicable, insultant et menaçant sans cesse leurs adversaires, ils leur montraient avec évidence que le pouvoir était leur seule égide, et puis ils leur faisaient un crime de vouloir s’en emparer. Inexorables dans leur faiblesse, implacables dans leur impuis-

sance, ils portèrent l’imprudence jusqu’à, la plus puérile étourderie. Égarés par la passion et entraînés par la rhétorique, ils ne comprirent jamais qu’étant assez forts pour irriter les Jacobins, ils ne l’étaient point assez pour les écraser. Dans le même temps qu’ils leur imputaient la férocité des tigres, ils les provoquaient comme s’ils leur eussent connu la douceur et la patience des agneaux.

Dans toutes les luttes qui déchirèrent la

Convention et où ils finirent par succomber,

l’attaque partait toujours de leur côté, et presque toujours ils la motivaient par des faits antérieurs à la réunion de l'Assemblée, et que tout le monde voulait oublier. Ils poussaient alors l’intolérance jusqu’à l’oppression, jusqu’au plus criant déni de justice. Quand un membre de la Montagne,

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