CHAPITRE IX
directement attaqué, se présentait k la tribune, il y était accueilli par des clameurs et des injures; il ne parvenait à s’expliquer qu’en bravant les. cris, les fureurs et les menaces de ses accusateurs, et en les fatiguant par sa constance et sa ténacité.
Ces violences inconsidérées et si préjudiciables k la République fatiguèrent bientôt la Convention. Les patriotes les plus purs et les plus modérés, tels que Cambon et Robert Lindet, qui s’étaient d’abord alliés aux Girondins, abandonnèrent un parti où ils ne trouvaient que des vanités intraitables et des esprits vindicatifs. Le Centre luimême finit par se dégoûter de ce parti de brouillons, d’ambitieux et de perturbateurs, et par voter contre lui avec la Montagne dont il s’était, les premiers jours, montré très-éloigné ! 11 avait soutenu les Girondins
par crainte des emportements et des excès populaires; mais, lorsqu’il fallut songer à battre la coalition et les conspirations du dedans, à sauver la République, ses dispositions changèrent. Comprenant qu’avec des hommes tels que les meneurs du côté droit, toute organisation sérieuse était impossible, le Centre se tourna du côté de la Montagne, et c’est ainsi que les Girondins, toujours aveuglés par leur présomption et leur estime d’eux-iqêmes, se flattaient encore d’avoir la majorité numérique, lorsque l’autorité réelle était déjà dans les mains de leurs ennemis.
Dans toutes les occasions importantes, les Girondins manquèrent de prévoyance et de sens politique. Ils manquèrent aussi quelquefois de droiture et de franchise. Au mois de juillet 1792, il se tint dans une petite maison, près du Pont-Tournant, une réunion