CHAPITRE IX
secrète qualifiée alors de Comité autrichien. Là se rendaient, mystérieusement et toujours la nuit, des membres de l’Assemblée législative, les uns attachés au parti de la cour, les autres au parti de la Gironde.
Ceux-ci, s’offrant en conciliateurs, se promettaient de prévenir ou de hâter la chute du trône, selon que la cour se montrerait plus ou moins favorable à leurs desseins. Ils eurent l’imprudence d’écrire au roi une lettre qui fut lue plus tard à l’Assemblée. Cet écrit, qui était moins une lettre qu’un traité entre les députés et la cour, pesa toujours sur les chefs du parti, il permit au parti ennemi de méconnaître leur patriotisme et de calomnier les motifs de leur éloquence.
Mais l’histoire impartiale doit reconnaître que si, dans un moment de défaillance, quelques-uns tombèrent dans le piège tendu
à leur ambition, tous, en général, restèrent purs. '
Les Girondins eurent rarement, dans les occasions décisives, des idées justes et d’heureuses inspirations. Pendant le procès de Louis XVI, ils s’égarèrent dans cette opinion alambiquée de l’appel au peuple ; idée complexe, enveloppée de raisonnements insaisissables ; idée dangereuse, mais à laquelle ils revenaient toujours, malgré son impopularité et les orages qu’elle soulevait, parce qu’ils avaient l’arrière-pensée de s’en servir contre leurs adversaires. Une de leurs plus grandes fautes, c’est d’avoir, les premiers, porté atteinte à l’inviolabilité de la représentation nationale. Us périrent donc frappés par l’arme même dont ils avaient montré l’usage à leurs ennemis.
Malheureusement pour leur mémoire, ils