CHAPITRE IX
11e montrèrent pas dans la défaite la fermeté qui relève et honore les vaincus. Devant les sections soulevées contre eux, les Girondins, abandonnés par toutes les parties de l’Assemblée, s’abandonnèrent euxmêmes.- En présence des bataillons armés, au bruit de la générale et du tocsin sonné par ordre de la Commune, Vergniaud proposa de déclarer que les sections de Paris avaient bien mérité de la patrie. La Montagne accueillit par des bravos et des applaudissements ironiques cette motion inconcevable ; et Chaumette dit au Conseil général:
« Vous apprendrez sans doute avec joie,
mais avec surprise, que Vergniaud a proposé de déclarer que nous avons bien mérité de la patrie. Mais d’où que vienne cette motion, elle est conforme à la justice et à la vérité. »
L’attitude des Girondins devant le tribunal révolutionnaire fut encore plus affligeante. Vergniaud défendit éloquemment son parti, Gensonné et Yalazé montrèrent beaucoup de sang-froid et de présence d’esprit, mais les autres cherchèrent à se sauver par le plus triste abandon de la cause commune. Boileau avoua qu’il s’était trompé et déclara que, depuis le 2 juin, il était devenu un ardent Montagnard. Les anciens mem-
bres de la Commission des Douze rejetèrent l’un sur l’autre la signature des mandats d’arrêt lancés contre Hébert, Varlet et Dobsent. Brissot et Sillery se défendirent isolément et en se séparant de leurs coaccusés; presque tous abandonnèrent leurs collègues fugitifs et condamnèrent leur conduite. Ils se relevèrent après leur condamnation et devant l’échafaud : ils moururent comme