‹ La Révolution et le livre de M. QuinetChapitre 79 sur 94 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

en insurgeant les départements ; ce fut pour eux une question de combat, mais nullement un système ; et ils ont toujours repoussé comme une calomnie cette accusation de leurs adversaires.

Après avoir visité la France entière, ils se convainquirent, dit M. Quinet, qu’en se brouillant avec Paris ils s’étaient brouillés avec la Révolution, et il ajoute : « C’est ce qui les jeta dans l’excès de désespoir qu’aucun parti n’a montré h ce degré. 11 ne leur restait aucune issue, maudissant la domination de la capitale et trouvant les provinces impuissantes ou ennemies. » Si les Girondins s’étaient brouillés avec la Révolution, pourquoi lés défendre contre ceux qui lui restèrent toujours fidèles ?

Une chose terrible pour la mémoire des Girondins, c’est le changement qui se fit

après le 31 mai. Au lieu de perdre, comme auparavant, toutes ses séances en discussions et en récriminations personnelles, la Convention les consacra aux affaires publiques, et l’énumération dè ses travaux d’un seul mois est un sujet d’étonnement et d’admiration. Qu’avaient fait les Girondins?

Des discours, et c’est ce qui les rend si chers à tous les rhéteurs. Qu’en était-il résulté? Uh désordre universel, et c’est ce qui les rend si blâmables pour les amis de la Révolution, même aujourd’hui que les passions sont tombées, que le jour s’est levé sur toutes les injustices, sur toutes les exagérations, et qu’il est possible de juger équitablement. Qu’on examine l’état de la République au 31 mai et au 9 thermidor, et qu’on dise lequel des deux partis a sauvé la France et la Révolution.

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