CHAPITRE II
la campagne qu’on allait ouvrir, il leur dit : Messieurs , pas tant d’embarras , pas trop de dépenses ; tout ceci ne sera qu'une promenade militaire. »
La promenade fut plus courte encore qu’il ne le supposait. Le 30 septembre 1792, le roi de Prusse battu commençait sa retraite, et le 23 octobre il ne restait plus en France que les cadavres de ses ennemis étendus sur le champ de bataillé ; les plaines de la Champagne étaient le tombeau de l’armée prussienne, comme elles l’avaient été de l’armée d’Attila. C’est ainsi que s’inaugura la République.
Dans les guerres civiles et étrangères du dix-septième siècle, les ennemis avaient toujours marché sur Paris par les routes de Sedan, de Stenay et de Réthel, et ils n’avaient trouvé d’autre obstacle que la valeur
du grand Condé, qui les arrêta deux fois, à Lens et à Rocroy. Dans la conférence qui eut lieu à, Magdebourg, le 27 mai 1792, entre le roi de Prusse, le duc de Brunswick, M. de Bouillé et les principaux officiers de l’armée prussienne, il fut reconnu à l’unanimité qu’il n’y avait à craindre rien de semblable, la France n’ayant ni un héros ni une armée capables de renouveler de tels exploits. Le plan de campagne, arrêté en conséquence, fut un peu dérangé par les soldats de la République. Revenus d’une première panique, les volontaires, d’ailleurs mieux commandés et non encore trahis, soutinrent le feu avec l’aplomb des plus vieilles troupes.
Le duc de Brunswick, dit Servan, fut très « déconcerté quand il vit, contre son attente, les soldats français ne déserter ni