‹ La Révolution et le livre de M. QuinetChapitre 81 sur 94 · LES JACOBINS · texte numérisé non relu

LES JACOBINS

Nous avons si souvent, dans le cours de ce travail, parlé des Jacobins, qu’il nous serait à peu près impossible d’en parler encore sans répéter ce que nous avons dit.

Cependant nous voulons, en terminant, exprimer encore une fois, très-nettement, notre pensée sur ces grands calomniés de l’histoire. Dans notre conviction profonde, et cette conviction ne s’est pas formée légèrement, les Jacobins ont été non-seulement un grand parti révolutionnaire, mais une

grande école de gouvernement. Leur esprit, comme leur temps, fut plein d’orages, mais leur raison fut sans faiblesse, et leur conscience ne faiblit point. Investis de la dictature par le danger qui menaçait la France, leur pouvoir s’accrut -comme le danger, leurs prodiges se multiplièrent comme les obstacles, leur force créatrice fut toujours aussi féconde que rapide ; en quelques mois, ils firent tout de rien.

Ils sont essentiellement les hommes d’État de la Révolution, et le gouvernement révolutionnaire, dont l’honneur leur revient tout entier, est la conception la plus hardie où, en temps de crise sociale, l’esprit politique se soit élevé. Ceux qui les outragent devraient bien prendre la peine de nous signaler dans l’histoire, à une époque quelconque, un gouvernement qui, dans la pros-

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