CHAPITRE X
périté ou dans les revers, ait eu un sentiment aussi profond de son devoir, de son droit et de sa grandeur. Ils ne l’essayeront certainement pas, car le spectacle d’un tel gouvernement, qui avait en quelque sorte surpris à la nature le secret de sa toutepuissance, est unique dans le monde.
Comme tous les hommes de notre âge, nous avons commencé par lire l’histoire de la Révolution dans des livres où il était impossible de rien comprendre à cette Révolution, d’en saisir le caractère, la marche, les causes et les effets. Dans ces livres détestables et surtout ridicules, des écrivains passionnés, ignorants ou de mauvaise foi ne montraient que des ruines, des meurtres, des excès inouïs, des malheurs sans compensation. Frauduleusement caché sous une couche de sang, le grand tableau de la Ré-
LA H ÉVOLUTION
volution ne pouvait guère inspirer que de l’horreur. Cependant, ayant osé le regarder deprès, nous ne tardâmes pas à nousconvaincre qu’il suffisait de le laver pour avoir un Tableau magnifique. Après avoir découvert la vérité au milieu de tant de mensonges, de falsifications et de calomnies, nous n’avons pas perdu une occasion de la proclamer et de la défendre. En appelant ainsi du jugement porté contre ceux qui furent les chefs de la Révolution , nous savons qu’on affecterait de 11e voir dans l’explication de leur conduite que l’apologie de leurs excès. Nous serions indigne de tenir une plume dans un journal démocratique si des considérations aussi misérables avaient pu nous arrêter.
Nous acceptons donc très- volontiers l’épithète dé Jacobin, que jetait, il y a quel-